C’est écrit dessus

Et voilà ! J’avais annoncé que je voulais broder mon t-shirt blanc et c’est chose faite. Je suis plutôt contente du résultat. Ce n’est pas très lisible, mais c’est bien mon écriture.

Je savais donc que je voulais écrire quelque chose sur ce t-shirt, mais je ne savais pas quoi, ni de quelle couleur. Alors j’ai décidé de repousser le problème à plus tard et je me suis dit que j’allais d’abord réunir le matériel nécessaire et que j’aviserai en temps voulu.

J’ai usé des services de consultante de ma chère sœur qui est elle-même une experte dans le domaine. Je pense d’ailleurs que si elle avait été à proximité j’aurais essayé de lui refiler le projet. Mais elle est à Londres et je n’y vais pas avant le mois d’août alors je me suis dit que j’allais m’y coller. Et accessoirement elle a peut-être mieux à faire de ses moments de liberté.

Je suis d’abord parti en quête d’une genre de grille à fixer sur le tissu pour avoir plus de repères et faciliter le travail. J’ai eu un peu de mal à mettre la main dessus et je suis rentrée dans plusieurs boutiques avant qu’une vendeuse me mette sur la voie et m’oriente vers Eurodif. Je n’y aurais jamais pensé et elle avait raison. J’y ai trouvé ce dont j’avais besoin.

Tant que j’y étais, je me suis attelée au choix de la couleur. J’avais du fil de couleur kaki qui traînait à la maison depuis je ne sais plus quel projet, mais il ne me disait rien. Je voulais du neuf. Je suis tombé sur ce fil dans un dégradé de rose et j’avais très envie de le prendre. J’ai quand même hésité un peu. Je me demandais si ce n’était pas un peu trop prévisible de ma part de choisir cette couleur. Ça aurait pu être cool de choisir plutôt un bleu ou un vert. Mais en fait je m’en fichais du soi-disant cool. Ce qui est vraiment cool c’est de faire ce dont on a envie. Et moi je voulais ce dégradé de rose.

J’assume mon cliché

J’ai aussi pris des aiguilles spéciales et après un petit loupé, un cadre à broder, toujours sur les recommandations de ma sœur. Une fois que j’avais tout réuni, il ne me restait plus qu’à me lancer.

Là encore j’ai un peu hésité. Je le demandais s’il fallait que je le fasse tout de suite ou si plutôt je devais attendre le moment opportun. J’ai vite réalisé que ce dernier ne se présenterait pas plus tard ou alors vraiment plus tard. Mais j’avais envie de mettre ma robe très vite alors j’ai décidé de me lancer. Tant pis si c’était mercredi après-midi et que j’étais avec les enfants, ça allait le faire.

Et trêve de suspens je peux annoncer que ça l’a carrément fait. J’ai mis un peu plus d’une heure en tout, retouche comprise. Ce projet a été vraiment émaillé d’hésitation car j’ai encore hésité au moment de choisir ce que j’allais écrire.

J’avais un peu envie d’écrire La vie est une fête, parce que c’est ma devise depuis des années. Mais je flippais un peu de m’embarquer dans un truc trop long et duquel j’aurais dû mal à me sortir. J’aurais aimé trouver le mot cool à la fois inspirant, drôle et profond. Mais ça ne me venait pas. Et puis l’idée pour moi était quand même que ce t-shirt me représente un peu. J’ai l’intention de le porter souvent, que ce soit un peu mon plan b pour tout l’été à chaque fois que je ne saurais pas quoi mettre.

Alors de la même façon que j’avais capitulé pour le rose prévisible, j’ai décidé de continuer dans le cliché et d’écrire Princesse Jeanne. C’est mon surnom après tout et ça ne fait jamais de mal une piqure de rappel.

Et après coup, je me demande s’il n’y a pas une part de subversif à assumer ses clichés personnels. Ça veut dire que je suis suffisamment à l’aise avec moi et que mon côté rebelle s’exprime assez par ailleurs pour que je puisse y aller sans retenue.

J’ai déjà commencé quelques autres menus projets dont je suis plutôt fière, mais je sais déjà que ça n’ira pas beaucoup plus loin. Ce qui me plait c’est que c’est rapide et que le rendu est plutôt bluffant pour des efforts assez minimes.

C’est tout de même une vraie satisfaction d’avoir appris à faire quelque chose encore la semaine dernière. C’est agréable et valorisant d’avoir une idée, de tout mettre en œuvre pour la réaliser et d’avoir un résultat tangible. Un peu comme avec le carrelage finalement.

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Le dortoir

Nos enfants dorment ensemble. Au début, quand on était à Paris, on n’avait pas le choix et les deux enfants dormaient dans la même chambre. Arrivés à Marseille, on aimait bien l’organisation et on a décidé de continuer comme ça. Les deux enfants ont une chambre pour dormir, et une deuxième chambre avec tous leurs jouets. 

Avec l’arrivée d’Arielle on s’est un peu posé la question. Elle a dormi dans la salle de jeux quelques jours, puis dans le bureau, puis une nuit avec nous je crois, mais je n’en suis pas sûre. Et puis au bout d’un mois elle a rejoint les deux grands dans la chambre. 

Quand Jasmin était arrivée, on n’avait pas attendu si longtemps. Cinq jours après sa naissance nous étions en Corrèze chez ma grand-mère et les deux petits partageaient la chambre. On s’était dit que tant qu’à faire autant les habituer immédiatement à dormir ensemble. La première nuit il a été réveillé, la deuxième il ne l’entendait plus. 

Jasmin ne se réveillait qu’une fois par nuit et toujours à la même heure. Et quand elle s’est mise à dormir toute la nuit, c’est César qui s’est réveillé à l’heure où sa sœur se réveillait normalement. Il était inquiet. Et je crois qu’il était habitué à entendre sa sœur et de ne pas l’entendre l’avait vraiment inquiété. Après une deuxième nuit similaire j’étais allée lui acheter une boîte à musique lumineuse qu’il pouvait allumer tout seul et nos nuits avaient repris leur cours tranquille la plupart du temps. 

Et maintenant nos trois enfants partagent la même chambre. Pour nous ça a été un vrai choix, comme une décision de famille. Le choix que nos enfants dorment ensemble et jouent ensemble. Qu’ils partagent ces moments fraternels. 

Noir, doudou, dodo

J’adore voir leur trois lits côte à côte. C’est super mignon. Et je sais qu’eux aussi apprécient de se trouver ensemble. Ils se rassurent et je suis persuadée que c’est pour ça qu’ils dorment si bien en général. 

Par contre quand ils décident de s’entendre pour ne pas dormir, ça peut devenir n’importe quoi : cabane sous le lit, concours de chant, ils ont de l’imagination. Mais c’est aussi les bêtises qu’ils font ensemble qui soudent leur fraternité. Alors il faut leur faire confiance (toujours) et intervenir à minima. 

J’ai une attitude plutôt stricte sur le soir : une histoire avant d’entrer dans la chambre puis un bonne nuit personnalisé au lit. Mais je ne fais pas dans le rappel. Pas de dernier bisou ou de ci ou ça. 

Et s’ils m’appellent ou s’ils ont besoin de quelque chose, j’essaie de prendre le ton et l’attitude les plus détachés possible. Et on passe à autre chose. Des fois on se fâche évidemment, mais ça ne me fait jamais me sentir mieux. Et c’est vrai qu’en général ça les calme bien, mais je ne veux pas du tout que leur sommeil soit associé d’une façon ou d’une autre avec la peur ou la menace. Alors je préfère y aller en douceur sans pour autant laisser de place à la négociation. 

De 19h à 7h cette pièce est entièrement dédiée au sommeil. Et dans la journée à l’heure de la sieste c’est la même chose. Volets fermés, porte close, riens d’autre que le silence et des doudous. Des fois je me demande si c’est bien qu’ils soient aussi conditionnés. Mais comme on voyage beaucoup, je sais qu’ils savent s’adapter à d’autres circonstances. Alors je me dis que c’est bien que chez nous les règles soient claires. Au moins ils ne se posent pas de question. Et je suis persuadée que ce cadre les rassure et leur permet de laisser libre court à toute la créativité dont ils sont capables le reste du temps, reposés. 

De la confiance 


La confiance est un cercle vertueux. Plus on fait confiance plus c’est facile de faire confiance. Et plus on fait confiance à quelqu’un plus cette personne a confiance en elle.

C’est quelque chose que j’ai doucement réalisé au fil des ans et avec une accélération sur la dernière année. C’est vrai au sein du couple, c’est vrai avec les enfants et c’est vrai avec soi-même.

Dans le couple, faire confiance pour moi passe par une forme de lâcher-prise. Laisser Arnaud gérer une situation comme il l’entend. Ne pas intervenir à tout bout de champ, même si je n’aurais pas réagi comme lui. Ne pas lui redemander mille fois de faire telle ou telle chose que ce soit descendre la poubelle, appeler l’assurance ou préparer une purée pour Arielle. Mais comme nous sommes un couple et que je suis convaincue que la communication ne pourra que nous renforcer, je me permets après coup de lui dire si je n’aurais pas fait ça ou si je vois une amélioration possible ou juste lui rappeler qu’il a oublié un truc. Parce que je lui fais confiance de bien le prendre. Je sais qu’il peut toujours s’améliorer comme nous tous et c’est pour moi une preuve d’amour de lui faire des feed-back.

C’est pareil avec les enfants. J’ai illustré l’article d’une photo de Jasmin marchant toute seule dans la rue, parce que là aussi ça m’a demandé à un moment de lâcher prise et de souffler un coup avant de la laisser comme ça. Et pourtant en lui faisant confiance, je lui ai donné confiance en elle et je lui ai permis de grandir et d’occuper cet espace. Ça ne s’est pas fait en une fois, loin de là.

La confiance est un apprentissage constant de soi et des autres

Jasmin est une casse-cou et elle est dans son monde. Ça fait partie de sa personnalité. Mais c’est aussi une source de stress au quotidien. Je dis parfois que sortir avec les enfants c’est avoir une mini crise cardiaque par minute. Il y a quelque mois encore Jasmin fonçait tout ce qu’elle pouvait et le plus loin possible si on avait le malheur de lui lâcher la main. Elle est même passée à moins de 2 cm de se retrouver sous les roues d’une voiture.

Dans les jours qui ont suivi je ne l’ai plus lâchée, plus de trottinette, toujours la main ou sur la planche de la poussette. Elle pleurait et se débattait, mais je tenais bon car j’avais eu vraiment peur. Et finalement j’ai pris la décision de la laisser aller, mais de lui apprendre à être prudente. C’était avant qu’on déménage et tous les jours nous remontions l’avenue du Prado pour rentrer à la maison. Elle est très large pour les piétons, si on se met bien au milieu, les voitures sont loin. Par contre sur la route, les voitures sont nombreuses et rapides. Alors on a commencé mètre par mètre presque. Tu m’attends à l’arbre, tu m’attends au vélo, etc. jusqu’à la maison.

Mais vingt mètres avant de traverser je lui reprenais la main. Et je la gardais bien serrée de peur qu’elle ne s’échappe. Aujourd’hui je suis fière d’elle qui sait marcher de façon tout à fait raisonnable dans la rue. Elle m’attend toujours pour traverser. Et elle pleure encore très souvent quand elle doit donner la main pour traverser. Mais je ne suis pas prête à lâcher sur ce point et c’est d’ailleurs aussi une obligation pour César.

Pour moi la confiance prend des formes très variées. Quand Arielle chouine dans son lit ou dans sa poussette il s’agit encore pour moi d’une question de confiance. Je lui fais confiance pour trouver la force de se calmer seule. Et le plus souvent c’est le cas. Et je pense que la réciproque est vraie : elle me fait confiance pour intervenir si elle n’y arrive pas seule. Elle sait que ses pleurs sont entendus.

La même dynamique est valable dans ma relation avec moi. Me faire confiance me donne confiance. C’est vrai pour tout et surtout pour les trucs intimidants de la vie. Quand j’ai fait mon carrelage par exemple, ça m’a donné un sentiment de puissance et de capacité presque grisant. Je suis capable de le faire donc de faire d’autres choses : du papier peint, une bibliothèque…

Ou quand j’ai repris la danse, j’étais intimidée, je craignais de ne pas trouver ma place, d’être nulle et de n’a pas y arriver et de me ridiculiser. Mais je me suis forcée un peu et maintenant c’est un de mes plus grands plaisirs. Et ça m’a donné une grande confiance en moi. Confiance dans ce corps que je connais et qui réagit à ce que lui demande. Mais confiance en moi qui ai dépassé cette crainte et qui me fait ma place dans un groupe.

C’est beau la confiance vu comme ça, n’est-ce pas ? Comme un outil à notre disposition, un cercle qui grandit et se diffuse.