Souffler un peu

Les vacances de la Toussaint commencent ce soir. Et elles s’annoncent chargées. On va célébrer le baptême (républicain) d’Arielle la semaine prochaine et il va y avoir beaucoup à faire et j’ai aussi envie de profiter des enfants, des amis et de la famille. Alors j’ai décidé de prendre ces deux semaines de vacances. Plus exactement, je ne publierai rien ici jusqu’à la rentrée, mais je vais quand même travailler un peu. Au moins pour préparer un bel article de rentrée consacré au premier anniversaire d’Arielle (1 an le 1er novembre !) et peut-être au baptême républicain.

J’ai toujours envie tout faire, mais j’essaie d’apprendre à en faire moins. Alors pour profiter bien de la vraie vie, je vais faire une semi-pause d’Internet. Je pense que je serai quand même pas mal sur Instagram 😉 !

À bientôt et peut-être qu’on se croisera au détour d’un escalier secret.

Sur les traces de Jack London

Avec César on avait repéré les affiches dans la rue. Dessus il y avait un fétiche qui ressemblait à celui de Tintin dans L’oreille cassée. Alors dimanche dernier on est parti en famille à la Vieille Charité à la recherche des fétiches.

Même si on a certainement battu le record de vitesse de la visite la plus rapide, on en a quand même bien profité et les enfants étaient ravis. De toute façon, en partant en famille, je savais bien que je ne pourrais pas prendre le temps de tout lire. C’est pas grave, j’avais entendu une émission sur Jack London et son périple il y a quelques semaines et je l’avais encore bien en tête.

L’installation était pas mal, car l’exposition se partageait entre quatre espaces donc à chaque fois ça laissait un peu la possibilité aux enfants de sauter et de courir et crier dans la cour avant de retourner dans l’ambiance tamisée des salles. Et l’exposition se terminait dans la chapelle dans laquelle je n’étais jamais rentrée, et la muséographie était plutôt chouette (sur la photo un aperçu).

J’adore toujours autant cet endroit qui est toujours très calme et tranquille, et j’étais content de le faire découvrir au reste de la famille.

Bouger les meubles

Depuis quelques semaines, deux ou trois, peut-être quatre, j’ai perdu le fil, Jasmin avait vraiment du mal à se coucher. Son rituel du soir impliquait de sortir une dizaine de fois, d’essayer de réveiller son frère et sa sœur, de jouer dans le noir, de faire plein de petites bêtises, en réclamant des biberons, en clamant un besoin de faire pipi, etc. Et puis elle avait une veilleuse avec laquelle elle embêtait tout le monde et elle ne finissait par s’endormir que quand on l’avait d’abord confisqué puis rendue en la prévenant que si elle recommençait elle ne l’aurait plus du tout.

Ça durait tous les soirs 30 minutes minimum et jusqu’à 1 h 30. Et franchement j’étais saoulée. Je n’avais même plus le courage de prendre plus de temps avec elle. Ma théorie du « prendre le temps pour en gagner ». Alors que je sais que c’est ça qu’il faut. Un matin de la semaine dernière, j’ai eu comme un déclic et avant de partir à l’école, j’ai pris ma petite Jasmin sur les genoux. Je lui ai dit que je pensais que je ne comprenais pas pour quoi elle avait du mal à s’endormir le soir alors que ça ne pose jamais de problème pour la sieste. Au moins de mon point de vue, je savais que ça pouvait marcher, mais qu’il y avait sûrement une angoisse sur laquelle on n’avait pas mis le doigt.

Elle m’a dit que la nuit c’était trop long, ce à quoi j’ai répondu que c’était vrai, plus long que la sieste, mais que quand on était en train de dormir ça ne changeait rien. Et elle m’a dit que la nuit il fait tout le temps noir. J’ai suggéré qu’elle n’avait pas besoin de sa lampe. Je commençais vraiment à en avoir marre des histoires de lampes tous les soirs, systématiquement. Elle écoutait vraiment ce que je lui disais. Et m’a dit que sans sa lampe les cauchemars allaient venir. Je lui ai rappelé quand pendant notre voyage à Paris nous n’avions pas la lampe (je l’avais oubliée et j’étais prête à aller en racheter quand je m’en suis rendu compte) et qu’elle avait très bien dormi. Elle m’a répondu que les cauchemars avaient été très gentils avec elle. Alors j’ai dit que c’était les mêmes ici et qu’ils étaient très gentils.

J’ai vraiment eu l’impression qu’elle était soulagée que je lui propose de ne plus l’avoir. Comme si c’était une malédiction dont elle ne savait plus se dépêtrer ou un pouvoir qu’elle n’arrivait pas à maitriser et qu’elle était contente que sa supermaman intervienne avec ses certitudes.

Une fois que tout le monde était parti et comme je n’avais pas très envie de me mettre à travailler, j’ai décidé de réorganiser la chambre des enfants pour mieux correspondre à leurs besoins du moment. Arielle dans le fond pour qu’elle ne soit plus systématiquement réveillée par les passages de Jasmin. César à côté, mais avec une sortie directe comme c’est souvent lui qui se réveille le premier. Et Jasmin dans un coin à côté de la porte pour qu’elle sorte sans gêner tout le monde. Quand ils sont revenus à midi, je leur ai présenté ça comme une super surprise et une nouvelle chambre et ils étaient tout excités et heureux de cette nouveauté.

J’en ai profité pour rajouter une nouvelle règle : il faut aller faire pipi trois fois avant d’aller se coucher : en sortant de table, après avoir lavé les dents et après l’histoire. Comme ça, on est sûr qu’il ne reste plus une goutte.

Le soir venu, dans la nouvelle organisation et sans lampe, ça s’est bien passé. Elle a réclamé un biberon, mais sans conviction, particulièrement face à notre détermination. Et elle s’est endormie beaucoup plus vite. (Et j’ai accepté d’entrouvrir la porte quand les autres étaient endormis)

au lit !

La lampe l’avait beaucoup aidé il y a quelques mois, mais maintenant je crois vraiment qu’elle l’a gênait. Et l’organisation était idéale aux débuts, mais leurs besoins à tous ont changé. Je crois vraiment qu’un des écueils les plus difficiles à éviter quand on est parent, c’est de ne pas s’entêter dans une voie parce que « c’est comme ça », mais plutôt de rester toujours à l’écoute des besoins de chacun qui peuvent évoluer.

Et puis même quand je suis fatiguée, il y a toujours un moment où j’ai de la peine pour cette petite fille qui n’arrive pas à lâcher prise et qui reste parfois plus d’une heure avant de s’endormir, ça ne doit pas être marrant. Alors pour l’aider avec ce que je crois être une angoisse, je me force à prendre le temps. J’ai même fait des petits exercices de relaxation avec elle au moment où je lui fais son bisou du soir. On compte jusqu’à sept et on souffle et je lui dis qu’à chaque fois elle est plus proche du sommeil. Et je lui ai même fait faire des petits exercices de visualisation où elle est sur une plage avec le sable chaud, le vent frais, et tout ça. Ça la détend vraiment. Je ne le ferai pas tous les soirs, car je ne veux pas que ça devienne indispensable pour qu’elle s’endorme. Mais je pense que ça lui apprend une forme de lâcher-prise dont elle pourra profiter, même en mon absence.

Parfois je me dis qu’heureusement que j’ai de l’imagination et que je n’ai pas une personnalité à me laisser abattre, et aussi que je ne veux pas élever mes enfants dans la crainte de la punition. Ça me permet de trouver toujours de nouvelles idées pour les accompagner, même s’il y a des jours plus durs que d’autres

Pour voir comment était la chambre avant, c’est ici.

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