Le Verfügbar et ma Mamie

Il y a deux semaines je suis allée voir cette pièce écrite à Ravensbrück par une amie de ma grand-mère. En rentrant j’ai écrit cette lettre à ma Mamie et je la partage aujourd’hui car je crois que j’en ai tiré quelque chose d’important.

Cette pièce a été mise en scène par Marion Pillé et l’affiche est un original qui a été réalisé par Florian Huet. Ici le site internet de la compagnie qui s’appelle Les Souffleuses de Chaos, j’imagine qu’on peut les contacter pour leur acheter l’affiche.

Ma chère Mamie

Aujourd’hui je suis allée voir le Verfügbar aux enfers et j’ai beaucoup pensé à toi. Ça m’a remué plus que ce à quoi je m’étais attendue. Pourtant je connais tout ça et il n’y avait rien de nouveau. Mais justement je pensais à toi. À ta maman à ton père et à ton frère. À l’injustice et à ta force.

Dans cette opérette j’ai vraiment retrouvé ce que tu racontes à la fois l’ambiance et la sororité et aussi les horreurs. Les filles qui ont monté ce projet avaient fait un vraiment bon travail.

J’ai été remuée et j’ai pleuré un peu et surtout en des moments assez inattendus. Ce n’était pas le pire qui faisait monter les larmes, mais l’espoir qui transparaissait. J’y ai pensé sur le chemin du retour jusqu’à chez moi.

Ce qui me touche le plus, c’est ta force. La force que tu as eue de t’engager. La force que tu as eue de revenir. Et la force que tu as eue d’avoir une vie remplie. Je suis persuadée que ton exemple me construit et me permet depuis l’enfance d’avoir la certitude qu’on peut s’engager et qu’il faut prendre des risques pour des convictions.

Et cette certitude je l’ai avec moi. Je crois que c’est d’ailleurs ma seule certitude avec l’amour. Je la porte et je me considère chanceuse de l’avoir en moi grâce à toi et de n’avoir jamais eu à l’apprendre dans un livre.

Merci ma Mamie chérie d’avoir eu ce courage et bravo pour la force qui te porte encore aujourd’hui.

Luna

Aujourd’hui je voulais vous parler du film que j’ai vu hier, jour de sa sortie. C’est Luna, un film d’Elsa Diringer avec Laëtitia Clément dans le rôle principal. J’en parle aujourd’hui, parce que c’est important pour un film d’être soutenu dans ses premiers jours de vie en salle, c’est un peu à ce moment que ça se joue.

Je n’aime pas beaucoup raconter les films parce que moi même j’aime bien y aller avec l’esprit libre et sans a priori. Alors je vais en dire le moins possible et on peut aussi dire que vous allez le voir et que vous revenez lire la suite après.

Je dirais que ce film est complexe, mais pas chiant ou prise de tête. Beau, mais pas cucul. J’y ai vu le portrait d’une femme en construction prise entre une loyauté liée à l’enfance et un futur qui lui paraît inaccessible parce qu’il lui faut à la fois renoncer à certaines choses et assumer un passé qui la hante et qu’elle voudrait dépasser.

L’univers des personnages n’est pas le mien, je me reconnais dans la volonté de présenter des personnages féminins tout en relief et profondeur.

Ce que j’ai aimé aussi, c’est qu’au-delà de l’histoire même, on retrouve la construction d’un drame classique. L’héroïne est tiraillée entre deux clans. Et peu importe son choix, il semble qu’elle est attirée vers des profondeurs tourmentées. C’est enfin une histoire d’amour assez juvénile et très touchante.

Si ce n’était pas clair, j’ai beaucoup aimé ce film et vous retrouverez ici la liste des cinémas où il est joué et la bande annonce.