De la bienveillance


La bienveillance est vraiment une notion qui m’intéresse en ce moment. Je pense que c’est un concept et une sensation très complémentaire de la confiance.

Plus précisément, je dirais que la bienveillance permet de créer des situations de confiance. Et de désamorcer des situations désagréables ou qui pourraient dégénérer. Je crois sincèrement qu’on peut à peu près tout dire avec bienveillance.

Je crois qu’il ne faut pas la confondre avec un genre de flatterie qui consisterait à ne dire que des choses positives tout le temps quitte à mentir un peu. La bienveillance permet justement d’aborder même des sujets un peu plus sensibles, sans aucune agression ni volonté de tourner le couteau dans la plaie.

Je comprends l’intention qui veut positiver tout le temps comme pour chasser les pensées négatives. Mais prétendre que tout va toujours bien peut créer une sorte de prison où la parole n’est plus libre et où on craint de casser l’ambiance en abordant les sujets plus difficiles.

Je ne dis pas qu’il faille s’épancher à tout bout de champ avec tout le monde. Je pense également que parfois le meilleur remède contre les coups de mou est de ne pas y penser et de se changer les idées, que ça soit faire la fête, regarder une série, aller au cinéma, danser, faire une activité résolument positive.

C’est pour cette raison que la bienveillance est si importance. Si on sait qu’on a une zone de sécurité où tout pourra être dit et entendu, c’est bien plus facile de mettre les idées noires de côté, de rigoler et d’avoir le cœur léger.

Alors bien entendu je pense aux enfants en écrivant ça. Faire preuve de bienveillance c’est les écouter. C’est voir au-delà des colères rapides et surtout les laisser exprimer leurs sentiments même négatifs en leur donnant leur juste place. Ou plutôt en leur apprenant quelle place leur accorder. Mais je pense aussi aux amitiés.

Je pense précisément à une copine qui un jour a dit à une autre qu’elle était super mimi sur une photo. Et moi sur cette photo je voyais plus sa fatigue de jeune maman. Et bien sûr ça partait d’une bonne intention, j’imagine. D’une envie de lui faire voir la vie en rose, sûrement. Mais ça m’a mise mal à l’aise. Je trouvais que ce commentaire ne lui permettait pas de s’ouvrir si elle en avait eu besoin.

J’ai réfléchi pas mal à ce que j’aurais dit si je ne commentais pas systématiquement les photos par des cœurs. Et puis je me suis dit que j’aurais plutôt dit « ça va ma bichette ? Tu as l’air fatiguée ». Mais dit avec amour ça lui laisserait la possibilité de répondre « ça va mais j’ai passé une mauvaise nuit », ou « en effet ça ne va pas trop je me sens dépassée » ou encore « lol tout va bien j’ai juste oublié de me maquiller »…

Comme dans l’avion, je m’occupe de moi avant de m’occuper des autres

Et puis évidemment la bienveillance a sa place dans la relation que l’on entretient avec soi. Se considérer avec bienveillance est la base nécessaire à la bienveillance avec les autres. C’est ne pas se juger pour ne pas juger les autres finalement, et pour les respecter. Maintenant que j’y pense, si je ne fais pas preuve de bienveillance à mon égard, il y a peu de chance que j’en ai à disposition pour les autres. Mais si je ne suis pas dure avec moi-même, j’aurais cette même tendresse pour les autres. Je m’étais dit justement comme une révélation récemment que cette autre copine que j’entendais souvent en critiquer d’autres pour telle ou telle raison, grosses cuisses, vêtements moches, sortie sans maquillage, enfants qui crient devait en fait se juger avec cette même rigueur quand elle se voyait dans le miroir, et ça m’avait attristée.

 

Et si avec un peu de bienveillance tous les jours on arrivait à changer le monde, une personne à la fois, ce serait cool n’est-ce-pas ? Alors on commence par soi et on s’attaque au reste du monde juste après.

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer