Les cheveux de Jasmin

Il y a quelques jours j’ai coupé les cheveux de Jasmin assez court et elle était super contente. En fait j’ai procédé par étapes. Il y a quelques semaines, je les avais coupés au niveau de ses épaules.

Ce jour-là je n’était pas du tout prête mais je l’avais fait sur un coup de tête. On se disputait beaucoup sur le démêlage matin et soir. Elle ne voulait jamais le faire et si un jour je cédais, je regrettais le lendemain parce que ses cheveux étaient complètement emmêlés et que c’était très douloureux. Un jour j’avais dit comme une menace (je sais, pas bien) que si elle ne voulait pas se brosser les cheveux, on devrait les couper. Elle m’avait pris au mot et n’était pas du tout dérangée par l’idée. Elle voulait les cheveux courts, comme ma grand-mère m’avait-elle expliqué.

Ses cheveux ont mis longtemps à pousser et je me disais que c’était pour ça que je m’accrochais à ses cheveux longs. Ils étaient blonds presque blancs et ils avaient l’air magique. En fait je crois que c’est parce que j’ai longtemps eu les cheveux courts quand j’étais petite et que je me suis parfois sentie enfermée dans le rôle du garçon manqué et que je ne voulais pas ça pour elle.

Assez paradoxalement c’est parce que je n’avais pas du tout envie de lui couper les cheveux que je l’ai fait. Je savais qu’il existait là quelque chose de complètement irrationnel et qui n’avait absolument rien à voir avec elle et tout avec moi.

Elle était tellement heureuse quand je lui ai coupé les cheveux au niveau des oreilles que je ne regrette pas. Elle est allée se regarder dans le miroir et est revenue avec un sourire énorme en disant “c’est exactement comme Mamie Mimite”.

Et maintenant je vois que même de quelque chose d’aussi anodin qu’une coupe de cheveux, je peux tirer une leçon. Le bonheur de ma fille est le mien, peu importe ce qui la rend heureuse. Et elle est super chic avec sa petite coupe, très années folles. Et le pouvoir de l’image que l’on a de soi est déjà très fort à cet âge et c’est important de lui laisser cette liberté. Lui laisser ce choix l’a fait visiblement grandir.