Ma petite peintre

Je suis assise à côté de Jasmin. Elle est en train de peindre le dinosaure que son parrain lui a offert ce matin. Je l’ai prise une quinzaine de fois en photo. Elle est très belle et très concentrée.

En la voyant je me suis dit que je devrais la laisser peindre plus souvent. Elle le réclame souvent, mais on ne le fait presque jamais. Alors qu’elle est très appliquée et très concentrée. Elle sait exactement ce qu’elle veut faire. On se disait les dernières semaines que ce serait bien de lui trouver une activité qu’elle pourrait faire pour se défouler et être plus concentrée à l’école et plus canalisée.

Mais elle se défoule déjà beaucoup et ce n’est pas de ça dont elle a besoin peut être finalement. Un peu comme pour César. On m’avait dit de lui faire faire du sport, mais je trouvais la danse plus intéressante car il faut être vraiment concentré et que la mémoire fonctionne aussi. Je me demande si ça ne permet pas d’enclencher un cercle vertueux.

Lui permettre de faire une activité qui lui plait énormément lui permettra peut-être de mieux accepter les nombreuses règles qu’elle doit suivre tous les jours et les personnes qu’elle est forcée de côtoyer même quand elle voudrait seulement jouer dans son coin.

Pouvoir peindre exactement quand elle le veut et qu’elle le sache, pourrait lui offrir l’équilibre qu’on recherche tous et toujours. Je me dis que je vais essayer au moins une fois par semaine de lui laisser la possibilité de dessiner.

Je pense en même temps que j’écris cela que Jasmin n’est peut-être pas encore assez raisonnable pour faire de la peinture sans colorer la moitié du salon et renverser l’eau colorée sur le tapis. Mais j’imagine que si on n’essaie pas on ne saura jamais. Et puis elle pourrait aussi bien me surprendre et se révéler responsable parce que je lui ai laissé la possibilité de l’être.

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Trois mois et en vadrouille

Trois mois aujourd’hui notre toute petite. Mais elle me paraît déjà si grande, elle est devenue une vraie personne avec des émotions et des goûts. Elle s’est même choisi un doudou, des doudous même plus précisément. Ces grands langes dont on l’enveloppait pour éviter qu’elle tache nos épaules de bave et plus si affinités. On avait pensé lui en suggérer un, qu’on pourrait plus ou moins lui imposer celui de notre choix. On avait fait ça pour les autres. Mais elle a devancé nos plans, ou peut-être qu’on ne s’y est pas bien pris, pas assez tôt.

En tout cas, elle a bien montré qu’elle savait ce qu’elle voulait. Si elle pleure que je sens que quelque chose lui manque, je lui donne le doudou et c’est super efficace. Elle s’y accroche avec ses petites mains et le mets sur son visage pour s’envelopper dans cette odeur si familière, mélange d’elle, de nous et de lessive, de toute la maison. Finalement c’est peut-être le premier truc qu’elle a pu accrocher et tenir qu’elle s’est approprié. C’était sa façon de s’approprier une partie du monde peut-être.

Trois mois comme ça

Bref elle a trois mois. Elle sourit, rit presque, avec des bruits gutturaux. Elle ronronne. Elle mange, elle dort, elle reste éveillée. Elle joue sur son tapis, elle regarde son frère et sa sœur. Et elle est en vadrouille tout le temps. Le cousin, c’est un peu sa deuxième maison. Ca se voit d’ailleurs que c’est un endroit où elle se sent bien, car elle peut y dormi des heures à la suite et à poings complètement fermés. Peu importe le bruit alentour, dedans rien ne peut l’atteindre quand elle dort.

Parfois j’aimerai un peu plus de tranquillité pour elle qu’elle puisse dormir et manger à son propre rythme plutôt qu’à celui de tous les autres. Je me souviens comme c’était pour les deux autres et je compare. Mais je crois que je ne devrais pas. Sa vie est ainsi, elle n’en connaîtra pas d’autres et franchement elle n’a pas l’air malheureuse. C’est ça son propre rythme. Je pense qu’elle a vraiment bon caractère parce qu’elle ne râle presque jamais. Elle ouvre ses grands yeux sur le monde et absorbe tout ce qu’elle peut.

Voilà, c’était l’instant mielleux de la journée, mais comment ne pas fondre devant autant de mignonerie ?

Sorties en famille

 Je me suis rendue compte un jour, que même avec les enfants, on ne s’était jamais vraiment arrêté. Genre une semaine après la naissance de César, des copains étaient venus passer la soirée à la maison. Bien sûr, la vie et les sorties ont changé, mais on n’a jamais arrêté d’avoir une vie sociale.

Notre vie à deux, j’en ai déjà parlé. Mais aussi, notre vie sociale avec les enfants. Voyages et sorties d’un jour, d’un soir ou fêtes à la maison, j’ai l’impression qu’on n’a renoncé à rien.

Mais, on a appris à s’organiser pour que tout se passe bien. Au début, on essayait toujours d’accorder tout le monde. De faciliter peut-être les choses aux gens. Et en fait, ça pouvait s’avérer épuisant. On n’était ni sur notre rythme, ni sur celui des enfants. Sur le rythme de personne en fait puisqu’il faut se rendre à l’évidence : ce n’est pas possible de caler tout le monde sur le même rythme.

Quelques leçons apprises au fil des sorties

Après le premier Noël de Jasmin, j’étais vraiment épuisée. Je crois qu’on avait voulu en faire trop. À force de se dire qu’on pouvait tout faire, on n’y arrivait plus vraiment. Ou plutôt on y arrivait, mais au détriment de mon repos. Revenir de vacances épuisée et stressée n’a pas été une bonne expérience.

Alors depuis, j’ai décidé qu’on pouvait en effet tout faire, mais qu’il fallait faire les choses intelligemment. Et surtout qu’il ne fallait faire que ce dont on a envie. Et par dessus tout, j’ai réalisé qu’on pouvait tout à fait dire “nous viendrons, mais à tel moment” ou dire que ça n’est pas pratique à ce moment. Et finalement poser ces limites nous a plus libéré que restreint.

Après, au niveau logistique, ces sorties ne demandent pas grand chose. On n’a jamais acheté de lit parapluie (on nous en prête parfois quand même), mais les enfants peuvent dormir par terre. Quand j’allaitais, c’était hyper facile, rien à prendre. Et après, on a toujours fait manger les enfants comme nous plus ou moins donc ils suivaient, pas besoin de leur prendre ci ou ça. Et au pire, il y a toujours l’option d’un biberon de lait. Il faut juste penser à prendre les couches et des gâteaux, et même ça on oublie hyper souvent. Et en fait tout se passe bien.

Et les souvenirs qui restent sont tellement bons que ça vaut toutes les galères.