De la confiance 


La confiance est un cercle vertueux. Plus on fait confiance plus c’est facile de faire confiance. Et plus on fait confiance à quelqu’un plus cette personne a confiance en elle.

C’est quelque chose que j’ai doucement réalisé au fil des ans et avec une accélération sur la dernière année. C’est vrai au sein du couple, c’est vrai avec les enfants et c’est vrai avec soi-même.

Dans le couple, faire confiance pour moi passe par une forme de lâcher-prise. Laisser Arnaud gérer une situation comme il l’entend. Ne pas intervenir à tout bout de champ, même si je n’aurais pas réagi comme lui. Ne pas lui redemander mille fois de faire telle ou telle chose que ce soit descendre la poubelle, appeler l’assurance ou préparer une purée pour Arielle. Mais comme nous sommes un couple et que je suis convaincue que la communication ne pourra que nous renforcer, je me permets après coup de lui dire si je n’aurais pas fait ça ou si je vois une amélioration possible ou juste lui rappeler qu’il a oublié un truc. Parce que je lui fais confiance de bien le prendre. Je sais qu’il peut toujours s’améliorer comme nous tous et c’est pour moi une preuve d’amour de lui faire des feed-back.

C’est pareil avec les enfants. J’ai illustré l’article d’une photo de Jasmin marchant toute seule dans la rue, parce que là aussi ça m’a demandé à un moment de lâcher prise et de souffler un coup avant de la laisser comme ça. Et pourtant en lui faisant confiance, je lui ai donné confiance en elle et je lui ai permis de grandir et d’occuper cet espace. Ça ne s’est pas fait en une fois, loin de là.

La confiance est un apprentissage constant de soi et des autres

Jasmin est une casse-cou et elle est dans son monde. Ça fait partie de sa personnalité. Mais c’est aussi une source de stress au quotidien. Je dis parfois que sortir avec les enfants c’est avoir une mini crise cardiaque par minute. Il y a quelque mois encore Jasmin fonçait tout ce qu’elle pouvait et le plus loin possible si on avait le malheur de lui lâcher la main. Elle est même passée à moins de 2 cm de se retrouver sous les roues d’une voiture.

Dans les jours qui ont suivi je ne l’ai plus lâchée, plus de trottinette, toujours la main ou sur la planche de la poussette. Elle pleurait et se débattait, mais je tenais bon car j’avais eu vraiment peur. Et finalement j’ai pris la décision de la laisser aller, mais de lui apprendre à être prudente. C’était avant qu’on déménage et tous les jours nous remontions l’avenue du Prado pour rentrer à la maison. Elle est très large pour les piétons, si on se met bien au milieu, les voitures sont loin. Par contre sur la route, les voitures sont nombreuses et rapides. Alors on a commencé mètre par mètre presque. Tu m’attends à l’arbre, tu m’attends au vélo, etc. jusqu’à la maison.

Mais vingt mètres avant de traverser je lui reprenais la main. Et je la gardais bien serrée de peur qu’elle ne s’échappe. Aujourd’hui je suis fière d’elle qui sait marcher de façon tout à fait raisonnable dans la rue. Elle m’attend toujours pour traverser. Et elle pleure encore très souvent quand elle doit donner la main pour traverser. Mais je ne suis pas prête à lâcher sur ce point et c’est d’ailleurs aussi une obligation pour César.

Pour moi la confiance prend des formes très variées. Quand Arielle chouine dans son lit ou dans sa poussette il s’agit encore pour moi d’une question de confiance. Je lui fais confiance pour trouver la force de se calmer seule. Et le plus souvent c’est le cas. Et je pense que la réciproque est vraie : elle me fait confiance pour intervenir si elle n’y arrive pas seule. Elle sait que ses pleurs sont entendus.

La même dynamique est valable dans ma relation avec moi. Me faire confiance me donne confiance. C’est vrai pour tout et surtout pour les trucs intimidants de la vie. Quand j’ai fait mon carrelage par exemple, ça m’a donné un sentiment de puissance et de capacité presque grisant. Je suis capable de le faire donc de faire d’autres choses : du papier peint, une bibliothèque…

Ou quand j’ai repris la danse, j’étais intimidée, je craignais de ne pas trouver ma place, d’être nulle et de n’a pas y arriver et de me ridiculiser. Mais je me suis forcée un peu et maintenant c’est un de mes plus grands plaisirs. Et ça m’a donné une grande confiance en moi. Confiance dans ce corps que je connais et qui réagit à ce que lui demande. Mais confiance en moi qui ai dépassé cette crainte et qui me fait ma place dans un groupe.

C’est beau la confiance vu comme ça, n’est-ce pas ? Comme un outil à notre disposition, un cercle qui grandit et se diffuse.

7 mois

7 mois aujourd’hui pour Ariellichouchoute. Elle est toujours aussi mignonne évidemment, c’est une chouchoute.

Les changements sont moins impressionnants je trouve depuis un mois. Moins spectaculaires en tout cas.

Elle se déplace de mieux en mieux, mais presque uniquement à reculons. Et ça l’énerve d’ailleurs. Elle commence à prendre bien appui sur ses genoux pour se mettre à quatre pattes, mais elle ne tient pas et s’étale à nouveau par terre.

Elle adore la compagnie et peut passer du temps dans son transat ou dans sa poussette tant qu’elle n’est pas seule et qu’on lui parle qu’on lui fait des grimaces ou qu’on danse devant elle.

De manière générale elle s’endort sans problème aussi bien le soir que pour la sieste. Sauf l’autre jour où nous avions du monde où elle n’a pas voulu aller se coucher. Elle pleurait sans s’arrêter. J’ai fini par abandonner l’idée de la sieste et l’installer au milieu du salon dans son transat et on ne l’a plus entendue. Comme c’était l’après-midi, elle est simplement allée se coucher plus tôt ce soir-là.

C’est un trait de caractère que j’avais déjà remarqué chez les plus grands : ils veulent profiter de l’animation et apprécient le contact de nos amis. À tel point que souvent quand on a des amis qui viennent le soir, je préfère qu’ils viennent un peu tard comme ça les enfants sont couchés. Et une fois qu’ils sont endormis ils sont partis pour la nuit et on peut profiter à l’aise des invités.

Un caractère qui s’affirme

Ce n’est pas un problème pour moi qu’elle saute la sieste une journée ou qu’elle change un peu de rythme au quotidien. Ce qui m’importe c’est qu’elle ait un cadre de base qui ne varie pas. Je suis convaincue que ce sont des points de repère importants. Mais je crois aussi à la souplesse. On ne peut pas attendre d’elle qu’elle se comporte exactement pareil si les circonstances sont différentes, n’est-ce pas ?

Elle adore son frère et sa sœur c’est évident. Mais j’ai l’impression qu’ils construisent déjà des relations différentes. César est béat d’amour pour elle et ses yeux brillent dès qu’il la voit. Jasmin l’adore aussi, mais je crois que de manière générale elle a une personnalité un peu plus détachée. Et surtout elle est encore petite quand même, j’imagine qu’elle ne saisit pas encore bien le concept de petite sœur.

Ou plutôt elle saisit, mais n’a pas encore intégré tous les tenants et aboutissants. Par exemple elle ne pense pas qu’Arielle grandit. C’est la petite sœur. Elle n’imagine pas qu’un jour elle pourra faire plus de choses qu’aujourd’hui. Mais elle n’arrive pas non plus à comprendre que bientôt elle aura trois ans. Elle s’accroche à ses deux ans et demi…

La grande nouveauté du dernier mois tient peut-être finalement à une intégration plus complète d’Arielle dans notre vie quotidienne. Elle n’est plus un simple bébé dont on prend en compte le rythme, elle est en train de s’affirmer comme petit être doué de volonté et ça fait plaisir à voir. J’adore qu’elle soit capable de montrer ce qu’elle aime et ce qu’elle n’aime pas aussi.

Je trouve ça trop mignon quand elle se met en colère pour avoir un truc. Parfois ça prend quelques minutes, mais on finit toujours par se comprendre. Et puis des fois elle reste en colère parce que ce n’est simplement pas possible, mais c’est la vie.

En dessins


Ce n’est pas la première fois que j’ai recours à ce truc. La troisième pour être précise, et c’est toujours efficace.

Avec le déménagement, Jasmin a eu un tout petit peu de mal à retrouver ses repères et à s’endormir le soir. J’ai donc pensé qu’il fallait insister sur le rituel qui mène au lit. Et quel meilleur moyen que de le dessiner ensemble ?

Elle était très heureuse d’être l’héroïne de cette histoire et d’avoir le droit de la colorier à sa guise. En plus de l’utilité de cette démarche, c’était un moment de complicité très agréable.

Je l’ai accroché à son lit et on s’y réfère au fur et à mesure de la soirée. Elle intègre complètement le rituel puisque c’est elle qui dit où on en est.

Bienveillance, amour et dessins

Elle exagère encore un peu parfois au moment du coucher, évidemment. C’est une petite fille vivante et pleine d’idées. Mais ça me permet d’essayer de faire appel à son côté raisonnable. De toute façon dans ces moments se fâcher ne sert à rien si ce n’est à rajouter de la tension à une situation déjà généralement à bloc.

On respire on reprend le déroulé de la soirée et on retente sa chance. En se rappelant que ça finit par marcher et qu’elle ne fait pas ça pour m’embêter personnellement, mais seulement parce qu’elle a besoin d’exprimer quelque chose à ce moment.

Et puis elle finit toujours par s’endormir, ce n’est pas un robot, c’est tout.