Neuf mois avec nous

On dit qu'autour de neuf mois, les bébés vivent une petite phase où d'un seul coup ils se rendent comptent qu'ils sont là pour y rester et qu'il n'y aura plus de transition aussi bouleversante que le jour de leur naissance.

Et c'est vrai qu'Arielle a traversé quelques jours où elle pleurait à chaque fois que je quittais la pièce, même si elle peut me suivre partout et qu'elle a des habitudes d'exploratrice. Mais ça a correspondu avec des jours où nous nous sommes retrouvées seules toutes les deux. Autant dire que l'appartement était vide et silencieux eta a pu lui faire bizarre. C'est aussi à ce moment-là que sa première dent a percé, alors il est possible qu'elle ait souffert et qu'elle ait eu besoin de plus de réconfort.

Ca n'a pas duré et elle reste fidèle à elle-même. Volontaire, (très) dynamique et super chouchoute. Elle continue de tout tout manger avec appétit. Surtout si ça peut se mâcher. Elle n'est pas super fan des biberons et sait bien nous le faire comprendre. C'est d'ailleurs super mignon car elle ne s'énerve pas, mais repousse fermement le biberon qu'on lui tend et fait non avec la tête. Ce qu'elle préfère je crois ce sont les petits filous. Son visage s'éclaire dès qu'il y en a un qui rentre dans son champ de vision. Ce qui est drôle c'est qu'elle semble avoir des idées bien arrêtées sur ce qu'elle veut manger et dans quel ordre. Si on lui propose plusieurs choses elle alterne entre par exemple la soupe, le fromage, la purée, etc.

Elle dit maintenant quelques mots. Trois si je ne me trompe pas : mama, papa et teta (pour César). Je crois que pour Jasmin elle dit Tata mais je ne suis pas aussi catégorique.Et quand elle ne dit pas ces quelques mots elle est en train de babiller à longueur de journée. Elle est très bavarde. Ca m'a fait un peu bizarre au début parce que ni César ni Jasmin n'avaient fait ça. Eux ils avaient gardé leurs mots et leur voix jusqu'au jour où ils avaient parlé. Et Elle a bien compris j'ai l'impression le pouvoir de la parole car quand Jasmin la câline de façon un peu trop à son goût, elle se met à piailler, jusqu'à ce qu'elle ait regagné sa liberté. Elle s'arrête au moment où l'étreinte se desserre et elle ne semble pas du tout cachée, elle passe à autre chose.

Debout, 2 mini dents

Je n'arrive pas à savoir si elle a un jeu qu'elle préfère, mais il faut dire que son activité principale des dernières semaines a été de passer son temps à se relever. D'abord en prenant appui sur des petites choses, oui ssur des plus hautes et maintenant elle sait même se relever en s'appuyant sur une surface plane comme un mur ou un dos de fauteuil. Et elle arrive aussi à déplacer des objets au sol et à les déposer en hauteur. Alors elle passe son temps à faire des essais, à explorer tous les recoins de l'appartement qu'elle ne connaît pas encore. Elle passe du balcon au salon toute seule. En fait, je sais quel est son jeu préféré : c'est la petite cuisine pour enfants que j'ai installé sur le balcon. Elle y passe une grande partie de son temps. Elle ne sait pas encore ouvrir la valise posée à côté et qui contient toute la dinette, mais ça ne devrait pas tarder. Il va surement falloir rapatrier la cuisine à l'intérieur si on ne veut pas que tout finisse par dessus bord.

J'ai pour habitude de ne pas trop me projeter en avant et de vraiment vivre le moment présent pour le savourer. Et je sais qu'il faut que je profite particulièrement de ces quelques semaines où elle ne marche pas encore. Parce que je sais que quand ça commencer, ça ne s'arrêtera plus et que les potentiels dangers vont se multiplier très vite, plus vite que je ne saurai les imaginer, c'est sûr. Elle est encore mon petit bébé tant qu'elle ne marche pas. Et même si elle restera un bébé encore un peu, l'expérience m'a apprise qu'ils passent dans un autre monde le jour où ils se lancent.

 

Les prochains mois nous réservent plein de belles découvertes et de nouvelles aventures, ça va être trop bien !

 

Déjà huit mois


Les huit mois d’Arielle, ce sont un peu nos huit mois à nous tous aussi en tant que famille complète et c’est sympa de prendre le temps de s’observer un peu chaque mois.

Arielle a gagné en mobilité de façon incroyable et quotidienne. Elle explore toute la maison, pièce par pièce. Elle se redresse et peut explorer également l’intérieur des boîtes et des paniers et gagner en perspective. Elle adore se cacher derrière les portes et sous les tables. Et comme elle peut tout attraper, son terrain de jeu s’est étendu à l’infini. Maintenant qu’elle a gagné en autonomie, il faut commencer à lui apprendre les interdits : les prises, les chargeurs, etc. Je crois qu’on peut déjà dire qu’elle est à la fois curieuse et observatrice. Elle remarque le moindre changement et veut tout toucher.

On a commencé d’ailleurs à faire très attention aux petits playmobils que les grands peuvent laisser traîner. Ça me stresse un peu comme l’appartement est très ouvert et que les grands sont encore un peu petits pour ranger spontanément. C’est donc le nouvel apprentissage du moment : quand on a fini, on range. Quand elle change, nous devons tous changer et adapter nos habitudes à ses nouveaux super pouvoirs : la rapidité, les gogogadgetaubras qui peuvent attraper tout, même si c’est à l’autre bout de la table, etc.

C’est drôle d’ailleurs, c’est comme si les grands avaient découvert que leur sœur était humaine. Qu’elle ne resterait pas un bébé toute sa vie. Qu’elle pouvait avoir des envies personnelles et ressentir tout un tas d’émotions. Elle est évidemment très intéressée par leurs jouets. Et comme je n’ai pas envie de passer mon temps libre à faire la police du jeu, j’ai mis en place une règle très simple. Si un jouet se trouve par terre, tout le monde peut jouer avec. Si les grands ne veulent pas qu’Arielle joue avec leurs trucs, ils peuvent les ranger ou les installer sur une table. Et si César ne veut pas que ses sœurs touchent à ses affaires, il peut les poser sur sa table de nuit. C’est son petit privilège de grand, il est le seul à avoir un petit meuble, autant en profiter. Ils râlent quand même, mais il suffit que je leur rappelle qu’ils connaissaient la règle pour qu’ils s’arrêtent et agissent en conséquence.

Ses jeux préférés sont les petits poneys. Je ne me l’explique pas vraiment, mais elle les kiffe. Sûrement la combinaison de couleurs vives, avec la douceur des cheveux et leurs grands yeux. Je ne me souvenais pas que ça venait si tôt, mais Arielle est très attirée par tous les jouets qui ont un visage. Et il est clair qu’elle sait qu’il s’agit d’un visage. Elle aime aussi les livres, y compris pour les manger. Tout ce qui peut faire du bruit quand on tape dessus est également un must. Et elle adore toujours autant danser et regarder les autres danser. Ça la calme instantanément.

Côté cuisine, elle mange toujours de tout et commence à manger seule les petits morceaux : cerises, tomates, pâtes, jambon… Elle dévore, même si elle n’a encore aucune dent. C’est bête, mais des fois je me sens un peu coupable qu’elle n’ait pas encore de dents. Comme si j’y pouvais quelque chose. Jasmin a eu sa premièrement à un an passé, et encore maintenant toutes ses grosses dents ne sont pas encore sorties. César lui avait eu toutes ses dents assez tôt, mais comme elles arrivaient par quatre, ça aidait. Alors je sais que chacun évolue à un rythme personnel.

En fait, ça m’a permis de prendre conscience des endroits débiles où pouvait se loger la culpabilité maternelle. Il a suffi que je me secoue un peu pour ne pas la laisser s’installer, particulièrement pour les dents, je ne vois vraiment pas ce que je peux faire. Surtout je me suis dit que c’était une étape du développement au même titre que d’autres. Et que si je ne pouvais pas contrôler celle-ci, je ne pouvais pas contrôler les autres. Elle parlera quand elle sera prête, marchera quand elle sera prête et ainsi de suite. Et pas quand moi je le serai. C’est sa vie, son corps, son rythme. Moi je ne suis là que pour l’accompagner finalement.

 Arielle n’est pas super fan du biberon. Mais comme il fait chaud en ce moment, il est possible également qu’elle n’ait pas beaucoup d’appétit. Alors on fractionne sans se prendre trop la tête. De toute façon il est clair qu’elle ne meure pas de faim. Elle est replète comme il faut. Et puis elle a le droit d’avoir ses goûts. Si on compare l’odeur de son lait en poudre à celle d’un petit-suisse, d’une courgette ou même de petites pâtes, pour moi il n’y a pas photo, je ne choisirais jamais le lait. Mais comme ça fait partie du nécessaire, on continue de lui en proposer et elle en boit quand même pas mal. C’est juste pas ce qu’elle préfère. Elle a un gros faible pour les galettes de riz, ou de maïs, de céréales en général quoi. Le côté croquant est agréable sur ses gencives, j’imagine.

En ce moment son sommeil est assez léger. Mais je me demande également si ce n’est pas lié aux températures. Elle se réveille par fois assoiffée la nuit. Alors je lui donne un biberon d’eau et elle se débrouille avec dans son lit. Elle nous avait habitués à dormir d’une traite, alors je sais que si elle se réveille c’est qu’elle a besoin de quelque chose. J’essaie quand même de ne pas accourir pour lui laisser l’opportunité de se calmer seule. En tout cas elle reste allongée et ne sors pas de son lit.

Comme il fait assez chaud, elle passe son temps en body ou en chemise et culotte. Je ne la laisse presque jamais uniquement en couche. Sauf après son bain pour le repas du soir, comme ça elle peut manger aussi salement qu’elle le veut. Et la nuit on la laisse en couche directement dans la turbulette. Les premiers jours de grand chaud on la laissait dormir en body sans rien d’autre, mais on a trouvé qu’elle se réveillait plus souvent. Je pense que la turbulette la rassure et puis elle est quand même bien aérée, elle n’a pas trop chaud. Surtout qu’on laisse le ventilateur allumé une grande partie de la nuit. Je me demande s’il faudrait essayer d’installer la clim dans leur chambre. Ça pourrait leur faire du bien. César s’en moque, il tombe comme une souche à 19 h 15 et dort d’une traite quoi qu’il se passe, pendant près de 12 h. Jasmin en souffre plus, d’autant qu’elle a plus de mal à lâcher prise en général. On alterne entre biberons et fermeté pour l’aider à trouver le sommeil de façon apaisée pour toute la famille.

Ces trois petits humains s’entendent bien et j’adore voir leur complicité se développer. Arielle et Jasmin partagent des moments privilégiés le matin et le soir dans la poussette. Elles sont contentes de se retrouver, Arielle rigole à tout ce que fait sa sœur. César a un regard plus protecteur sur sa petite sœur et elle l’admire comme un super héros. Elle admire aussi sa sœur, mais différemment. Et puis la petite sœur crée par effet une complicité renforcée chez les deux grands. Ils étaient déjà très proches avant, mais l’arrivée d’Arielle plus le fait qu’ils grandissent tous les deux fait qu’ils peuvent vraiment jouer ensemble, partager des aventures et des idées, parfois mauvaises, mais toujours drôles avec un peu de recul. Ce sont les aventures de Plic et Ploc au quotidien. J’ai parfois hâte de voir la place que saura se trouver Arielle dans cette dynamique, mais je profite du calme relatif qui existe tant qu’elle ne marche pas encore.

 

 

 

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De la confiance 


La confiance est un cercle vertueux. Plus on fait confiance plus c’est facile de faire confiance. Et plus on fait confiance à quelqu’un plus cette personne a confiance en elle.

C’est quelque chose que j’ai doucement réalisé au fil des ans et avec une accélération sur la dernière année. C’est vrai au sein du couple, c’est vrai avec les enfants et c’est vrai avec soi-même.

Dans le couple, faire confiance pour moi passe par une forme de lâcher-prise. Laisser Arnaud gérer une situation comme il l’entend. Ne pas intervenir à tout bout de champ, même si je n’aurais pas réagi comme lui. Ne pas lui redemander mille fois de faire telle ou telle chose que ce soit descendre la poubelle, appeler l’assurance ou préparer une purée pour Arielle. Mais comme nous sommes un couple et que je suis convaincue que la communication ne pourra que nous renforcer, je me permets après coup de lui dire si je n’aurais pas fait ça ou si je vois une amélioration possible ou juste lui rappeler qu’il a oublié un truc. Parce que je lui fais confiance de bien le prendre. Je sais qu’il peut toujours s’améliorer comme nous tous et c’est pour moi une preuve d’amour de lui faire des feed-back.

C’est pareil avec les enfants. J’ai illustré l’article d’une photo de Jasmin marchant toute seule dans la rue, parce que là aussi ça m’a demandé à un moment de lâcher prise et de souffler un coup avant de la laisser comme ça. Et pourtant en lui faisant confiance, je lui ai donné confiance en elle et je lui ai permis de grandir et d’occuper cet espace. Ça ne s’est pas fait en une fois, loin de là.

La confiance est un apprentissage constant de soi et des autres

Jasmin est une casse-cou et elle est dans son monde. Ça fait partie de sa personnalité. Mais c’est aussi une source de stress au quotidien. Je dis parfois que sortir avec les enfants c’est avoir une mini crise cardiaque par minute. Il y a quelque mois encore Jasmin fonçait tout ce qu’elle pouvait et le plus loin possible si on avait le malheur de lui lâcher la main. Elle est même passée à moins de 2 cm de se retrouver sous les roues d’une voiture.

Dans les jours qui ont suivi je ne l’ai plus lâchée, plus de trottinette, toujours la main ou sur la planche de la poussette. Elle pleurait et se débattait, mais je tenais bon car j’avais eu vraiment peur. Et finalement j’ai pris la décision de la laisser aller, mais de lui apprendre à être prudente. C’était avant qu’on déménage et tous les jours nous remontions l’avenue du Prado pour rentrer à la maison. Elle est très large pour les piétons, si on se met bien au milieu, les voitures sont loin. Par contre sur la route, les voitures sont nombreuses et rapides. Alors on a commencé mètre par mètre presque. Tu m’attends à l’arbre, tu m’attends au vélo, etc. jusqu’à la maison.

Mais vingt mètres avant de traverser je lui reprenais la main. Et je la gardais bien serrée de peur qu’elle ne s’échappe. Aujourd’hui je suis fière d’elle qui sait marcher de façon tout à fait raisonnable dans la rue. Elle m’attend toujours pour traverser. Et elle pleure encore très souvent quand elle doit donner la main pour traverser. Mais je ne suis pas prête à lâcher sur ce point et c’est d’ailleurs aussi une obligation pour César.

Pour moi la confiance prend des formes très variées. Quand Arielle chouine dans son lit ou dans sa poussette il s’agit encore pour moi d’une question de confiance. Je lui fais confiance pour trouver la force de se calmer seule. Et le plus souvent c’est le cas. Et je pense que la réciproque est vraie : elle me fait confiance pour intervenir si elle n’y arrive pas seule. Elle sait que ses pleurs sont entendus.

La même dynamique est valable dans ma relation avec moi. Me faire confiance me donne confiance. C’est vrai pour tout et surtout pour les trucs intimidants de la vie. Quand j’ai fait mon carrelage par exemple, ça m’a donné un sentiment de puissance et de capacité presque grisant. Je suis capable de le faire donc de faire d’autres choses : du papier peint, une bibliothèque…

Ou quand j’ai repris la danse, j’étais intimidée, je craignais de ne pas trouver ma place, d’être nulle et de n’a pas y arriver et de me ridiculiser. Mais je me suis forcée un peu et maintenant c’est un de mes plus grands plaisirs. Et ça m’a donné une grande confiance en moi. Confiance dans ce corps que je connais et qui réagit à ce que lui demande. Mais confiance en moi qui ai dépassé cette crainte et qui me fait ma place dans un groupe.

C’est beau la confiance vu comme ça, n’est-ce pas ? Comme un outil à notre disposition, un cercle qui grandit et se diffuse.