Le dortoir

Nos enfants dorment ensemble. Au début, quand on était à Paris, on n’avait pas le choix et les deux enfants dormaient dans la même chambre. Arrivés à Marseille, on aimait bien l’organisation et on a décidé de continuer comme ça. Les deux enfants ont une chambre pour dormir, et une deuxième chambre avec tous leurs jouets. 

Avec l’arrivée d’Arielle on s’est un peu posé la question. Elle a dormi dans la salle de jeux quelques jours, puis dans le bureau, puis une nuit avec nous je crois, mais je n’en suis pas sûre. Et puis au bout d’un mois elle a rejoint les deux grands dans la chambre. 

Quand Jasmin était arrivée, on n’avait pas attendu si longtemps. Cinq jours après sa naissance nous étions en Corrèze chez ma grand-mère et les deux petits partageaient la chambre. On s’était dit que tant qu’à faire autant les habituer immédiatement à dormir ensemble. La première nuit il a été réveillé, la deuxième il ne l’entendait plus. 

Jasmin ne se réveillait qu’une fois par nuit et toujours à la même heure. Et quand elle s’est mise à dormir toute la nuit, c’est César qui s’est réveillé à l’heure où sa sœur se réveillait normalement. Il était inquiet. Et je crois qu’il était habitué à entendre sa sœur et de ne pas l’entendre l’avait vraiment inquiété. Après une deuxième nuit similaire j’étais allée lui acheter une boîte à musique lumineuse qu’il pouvait allumer tout seul et nos nuits avaient repris leur cours tranquille la plupart du temps. 

Et maintenant nos trois enfants partagent la même chambre. Pour nous ça a été un vrai choix, comme une décision de famille. Le choix que nos enfants dorment ensemble et jouent ensemble. Qu’ils partagent ces moments fraternels. 

Noir, doudou, dodo

J’adore voir leur trois lits côte à côte. C’est super mignon. Et je sais qu’eux aussi apprécient de se trouver ensemble. Ils se rassurent et je suis persuadée que c’est pour ça qu’ils dorment si bien en général. 

Par contre quand ils décident de s’entendre pour ne pas dormir, ça peut devenir n’importe quoi : cabane sous le lit, concours de chant, ils ont de l’imagination. Mais c’est aussi les bêtises qu’ils font ensemble qui soudent leur fraternité. Alors il faut leur faire confiance (toujours) et intervenir à minima. 

J’ai une attitude plutôt stricte sur le soir : une histoire avant d’entrer dans la chambre puis un bonne nuit personnalisé au lit. Mais je ne fais pas dans le rappel. Pas de dernier bisou ou de ci ou ça. 

Et s’ils m’appellent ou s’ils ont besoin de quelque chose, j’essaie de prendre le ton et l’attitude les plus détachés possible. Et on passe à autre chose. Des fois on se fâche évidemment, mais ça ne me fait jamais me sentir mieux. Et c’est vrai qu’en général ça les calme bien, mais je ne veux pas du tout que leur sommeil soit associé d’une façon ou d’une autre avec la peur ou la menace. Alors je préfère y aller en douceur sans pour autant laisser de place à la négociation. 

De 19h à 7h cette pièce est entièrement dédiée au sommeil. Et dans la journée à l’heure de la sieste c’est la même chose. Volets fermés, porte close, riens d’autre que le silence et des doudous. Des fois je me demande si c’est bien qu’ils soient aussi conditionnés. Mais comme on voyage beaucoup, je sais qu’ils savent s’adapter à d’autres circonstances. Alors je me dis que c’est bien que chez nous les règles soient claires. Au moins ils ne se posent pas de question. Et je suis persuadée que ce cadre les rassure et leur permet de laisser libre court à toute la créativité dont ils sont capables le reste du temps, reposés. 

Mon carrelage


J’en ai parlé vite fait ces dernières semaines, et il est temps peut-être de revenir un peu plus sur le sujet. Nous avons déménagé le 30 avril. Toujours à Marseille et toujours dans le même quartier, qui nous a bien séduits depuis notre arrivée en août.

Ce n’est que notre quatrième déménagement en quatre ans. On commence à avoir l’habitude. Je ne dirais pas que c’est plus facile à chaque fois, mais par contre je sus de plus en plus rapide dans mon déballage. Lundi, une semaine après le déménagement donc, nous avons rangé les derniers cartons. Il ne nous reste plus qu’à accrocher les tableaux aux murs et à fixer quelques étagères dans la loggia à côté de la cuisine.

Bon normalement cette fois, on est bon pour plusieurs années, voire plusieurs dizaines d’années. La grande différence entre ce déménagement et les précédents est que cette fois nous emménageons dans un appartement que nous avons acheté. C’était un projet sur lequel nous avions plus ou moins fait une croix en habitant à Paris, les prix étaient bien trop élevés pour nous.

Et ici, à Marseille, nous avons pu nous payer un appartement grand et lumineux dans lequel notre famille va pouvoir grandir. Attention, pas s’agrandir hein, juste grandir et évoluer.

Mon carrelage, ma salle de bain, mon appartement

La décoration n’est pas à notre goût, mais reste sobre et surtout propre donc pour le moment nous avons décidé de juste y poser nos affaires. Je suis contente, ça me laisse le temps de réunir l’inspiration (et l’argent) pour le refaire à notre image dans les prochaines années. De toute façon, comme nous avons encore de très jeunes enfants à qui il prend parfois l’idée d’écrire sur les murs, je préfère les laisser un peu dans leur jus pour l’instant. Et je me dis que prendre le temps de réfléchir un peu c’est pas plus mal si je veux tabler sur l’intemporel dont je ne me lasserais pas trop.

Il y avait juste un truc dont il fallait s’occuper en urgence, c’était la salle de bain. Entre les enfants et moi qui adore les bains, c’était important de s’en occuper vite. Et à cinq, une seule salle de douche n’était pas vraiment suffisante. Alors j’ai demandé un devis à un artisan qui m’avait été recommandé. Mais franchement c’était bien trop cher pour nos moyens et pour le travail qu’il y avait à faire. Il s’agissait juste de carreler tout l’espace autour de la baignoire qui avait été laissé à l’abandon par les anciens propriétaires.

J’ai eu un petit moment d’abattement et je ne savais pas trop comment agir. Mon père m’a proposé de nous aider à le faire, mais il ne vient que dans quelques semaines encore et je n’avais pas du tout envie de me passer de ma salle de bain si longtemps. Alors j’ai décidé de me lancer seule. Je me revois assise sur mon lit à me demander que faire. Et j’ai eu comme un flash souvenir. Il y a quelques années, je m’étais dit que si un jour je devenais propriétaire, j’essaierais d’en faire le plus moi-même histoire d’apprendre justement à tout faire et de le faire exactement comme je voulais. J’avais complètement oublié, sûrement parce que je ne pensais jamais vraiment être propriétaire d’un appartement, mais l’occasion s’était enfin présentée de devenir une vraie bricoleuse.

Alors je suis allée à Castorama. J’ai commencé par halluciner sur le prix des carreaux jolis. Puis j’en ai trouvé qui me plaisaient et qui n’étaient pas si chers. J’avais envie d’une salle de bain sombre, je trouve ça chic. Et après avoir regardé quelques vidéos, je me suis lancée. Et voilà, j’ai fait mon carrelage. Ce n’était pas très dur. Juste très salissant. Ça ne m’a même pas pris tant de temps : une petite soirée pour faire mes premiers pas, une sieste pour finir la pose et une autre pour poser les joints.

Je sais bien que je n’ai pas fait le travail le plus propre du monde. Mais c’est mon travail, le premier de ce genre et je suis bien contente de m’en être sortie. Et puis maintenant je sais faire, ce qui m’ouvre de nouvelles perspectives pour quand on voudra refaire la cuisine. À suivre.