Le Verfügbar et ma Mamie

Il y a deux semaines je suis allée voir cette pièce écrite à Ravensbrück par une amie de ma grand-mère. En rentrant j’ai écrit cette lettre à ma Mamie et je la partage aujourd’hui car je crois que j’en ai tiré quelque chose d’important.

Cette pièce a été mise en scène par Marion Pillé et l’affiche est un original qui a été réalisé par Florian Huet. Ici le site internet de la compagnie qui s’appelle Les Souffleuses de Chaos, j’imagine qu’on peut les contacter pour leur acheter l’affiche.

Ma chère Mamie

Aujourd’hui je suis allée voir le Verfügbar aux enfers et j’ai beaucoup pensé à toi. Ça m’a remué plus que ce à quoi je m’étais attendue. Pourtant je connais tout ça et il n’y avait rien de nouveau. Mais justement je pensais à toi. À ta maman à ton père et à ton frère. À l’injustice et à ta force.

Dans cette opérette j’ai vraiment retrouvé ce que tu racontes à la fois l’ambiance et la sororité et aussi les horreurs. Les filles qui ont monté ce projet avaient fait un vraiment bon travail.

J’ai été remuée et j’ai pleuré un peu et surtout en des moments assez inattendus. Ce n’était pas le pire qui faisait monter les larmes, mais l’espoir qui transparaissait. J’y ai pensé sur le chemin du retour jusqu’à chez moi.

Ce qui me touche le plus, c’est ta force. La force que tu as eue de t’engager. La force que tu as eue de revenir. Et la force que tu as eue d’avoir une vie remplie. Je suis persuadée que ton exemple me construit et me permet depuis l’enfance d’avoir la certitude qu’on peut s’engager et qu’il faut prendre des risques pour des convictions.

Et cette certitude je l’ai avec moi. Je crois que c’est d’ailleurs ma seule certitude avec l’amour. Je la porte et je me considère chanceuse de l’avoir en moi grâce à toi et de n’avoir jamais eu à l’apprendre dans un livre.

Merci ma Mamie chérie d’avoir eu ce courage et bravo pour la force qui te porte encore aujourd’hui.

Bienfait de la lecture

Je lis en ce moment la série d’Elena Ferrante et j’ai fini le troisième tome. Évidemment j’aime bien lire. Pour le dépaysement. Pour le voyage. Pour la découverte. Et aussi pour ces moments où d’un coup je réalise que l’auteur a mis le doigt sur un truc que je pensais quand l’avoir formulé. Et ma pensée peut se dérouler comme un fil.

Le roman fait vivre le personnage d’une autrice qui a écrit un roman et on voit au fil des pages les réactions des autres à son livre. Et ce qui m’a frappé c’est que les personnages semblent voir dans son livre autre chose que ce qu’elle a voulu écrire.

Et c’est quelque chose qui m’arrive souvent. Au début j’étais un peu déstabilisée parce que souvent quand j’écris un article assez personnel, les gens ne réagissent parfois pas comme je m’y serais attendue. J’ai même eu l’impression quelques fois qu’ils réagissaient à côté. Ou je me suis dit à moi-même qu’ils n’avaient pas compris ce dont je parlais. Et je ne savais pas comment réagir.

Quand quelqu’un me parle de ce que j’ai écrit, il y a souvent un moment où je me dis « je n’ai pas écrit ça »

Et Lenu dans le livre, jamais ne les dément. Elle les laisse et laisse vivre son livre. Et je me dis que c’est la bonne attitude. Une fois que j’ai écrit quelque chose, ça ne m’appartient plus. Comme un dessin où chacun peut voir ce qui lui plaît. Alice Diop qui est une réalisatrice que j’ai découvert récemment disait exactement la même chose dans La Poudre. Pour elle, ses films appartiennent à ceux qui les regardent. Partout, chacun voit le bagage qu’il porte en lui quand il lit ou regarde quelque chose.

Chaque lecture est une interprétation et on ne peut pas faire abstraction de ses soucis du moment ou de ses questionnements. C’est parfois un mot, parfois une phrase qui fera la différence et déclenchera les émotions et la réflexion. Et c’est ça qui me plaît dans l’écriture et dans la lecture.

Moment lecture

Ces derniers temps j’ai réussi à me remettre à lire un peu. Et plus précisément à lire de la fiction. Je lis beaucoup d’articles, j’écoute beaucoup la radio ou des podcasts et même des livres audios, j’en ai déjà parlé, mais j’avais du mal à lire un vrai livre. Et ça me manquait.

Mais dans la semaine je ne trouve pas le temps et je n’aime pas vraiment lire au lit, car en général je m’endors au bout de trois pages et je n’arrive pas à me mettre dedans. Le soir je préfère écouter un livre.

Le week-end j’arrive à trouver un peu de temps. Pendant que les enfants dorment ou pendant qu’ils regardent un film. Plutôt que de me mettre un épisode de série ou que de regarder le film avec eux en scrollant sur mon téléphone, je me mets sur le canapé ou sur mon lit ou même sur mon fauteuil au soleil avec une tasse de thé et je me laisse emporter par l’histoire.

En quelques semaines, c’est presque devenu un rituel du week-end. Je compte en profiter tout l’hiver.

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Mon roman

Après y avoir travaillé et travaillé et après l’avoir gardé près de moi quelques semaines, j’ai enfin réussi à envoyer mon roman pour le concours auquel je participe.

J’aimerais bien pouvoir dire que c’est par manque de temps que je ne l’avais pas envoyé plus tôt. Mais c’est plutôt par manque de courage. Tant que je ne l’avais pas envoyé, ça n’existait vraiment que dans ma tête. Mais maintenant c’est comme si tout un autre monde s’était ouvert et je vais attendre des nouvelles et peut-être même espérer. Je ne suis pas encore vraiment convaincue de ce point.

C’est en tout cas un achèvement et un certain accomplissement, et je suis déjà fière de ça.