Une journée dans mon corps

Aujourd’hui c’est mon anniversaire et comme un cadeau pour marquer cette nouvelle année de vie, j’ai décidé de publier ce texte très personnel écrit il y a quelques semaines. Bonne lecture et bon anniversaire à moi-même.

Je me suis réveillée ce matin et je me sentais empâtée ou peut-être dans le pâté. Je n’ai pas beaucoup mangé hier et vu quelques verres de rosé et de champagne. Et en plus j’ai fumé quelques cigarettes.

Après je me suis levée et j’ai été plus ou moins prise dans le tourbillon du matin. Pour illustrer, ma montre croit tous les matins que je danse pendant 30 minutes. Quand je regarde le tableau de bord avec le récapitulatif de mon activité du jour elle me demande systématiquement si j’ai bien fait 27 minutes de danse à 7h24. Les seuls moments de calme sont ceux où je suis dans la salle-de-bain. Et encore c’est si je me force à fermer la porte. Si je la laisse ouverte, c’est du non-stop.

Je me rafraîchis le visage et passe la crème hydratante généreusement. Puis aujourd’hui je décide de ne pas lésiner sur la crème teintée. Ensuite un peu de poudre de soleil et de blush, les sourcils et de l’anticerne sous les yeux et autour du nez parce que j’ai souvent des rougeurs à cet endroit en ce moment. Je devrais aller voir la dermato. Mais la mienne a pris sa retraite et il faut que j’en trouve une bien. Plutôt une femme, oui.

Je m’étais habillée directement en me levant. J’avais préparé ma tenue sur mon fauteuil pas la veille mais l’avant-veille ou même le jour d’encore avant. J’avais acheté une nouvelle robe et après l’avoir essayée mardi et gardé un peu à la maison, j’avais laissé la tenue dans un coin en prévision d’aujourd’hui. Et je savais que la tenue était bien et confortable. Et heureusement que je l’avais essayée et que je me souvenais que c’était sympa, parce que ce matin ça n’allait pas du tout.

Mais comme ça allait il y a quelques jours c’est que ce sont mes yeux qui ne vont pas. Mes genoux ont-ils pu enfler comme ça le temps d’une nuit. En vrai je n’arrive pas à me décider si oui ou non c’est possible. J’ai envie de trancher en disant que oui c’est possible mais que ce n’est pas mon cas aujourd’hui.

J’étais déjà énervée parce que plusieurs personnes m’avaient dit cette semaine que j’avais fondu alors que moi je ne le vois pas et que je le ressens presque pas. À part un peu quand je pose les mains sur mes hanches parce que j’ai l’impression de sentir le creux sur le côté. J’ai fondu de quoi, avant j’étais en beurre peut-être j’ai envie de répondre. Mais je ne dis rien.  Pas merci en tout cas. La première fois j’ai bafouillé une réponse débile et je m’en suis voulue tout de suite : « je ne mange pas beaucoup ». La deuxième fois j’ai dit « ah bon ». C’était mieux. Mais la vérité c’est que je voudrais des détails d’où et comment et si ça me va bien ou si j’ai l’air malade.

En général ça va en ce moment je me regarde dans la glace et je n’émets pas vraiment de jugement de valeur face à mon corps. Il est comme il est. Ou plutôt je suis comme je suis. Je ne ne trouve que rarement que je ressemble à un tas de graisse en ce moment. Mais là ce matin c’est revenu. Ça traînait depuis quelques jours, je sentais que quelque chose allait sortir et c’est arrivé. On m’a dit que j’avais fondu et mes yeux revoient du beurre à la place des jambes.

Dans le miroir je n’aimais pas ce que je voyais, j’avais l’impression que ma robe me rendait énorme. Ça me fait ça parfois avec les robes amples. Et parfois c’est l’inverse et une robe ample me fait sentir menue. Aujourd’hui j’avais l’impression que mon corps la remplissais et que les plus de la robe étaient mes plis de gras. J’avais l’impression que mes chaussettes rendaient mes mollets courts et énormes et que je n’avais plus de chevilles. J’ai résisté à l’envie que j’avais de me changer parce qu’aujourd’hui je sais que le problème n’est pas ma robe ou mes jambes. Le problème est dans ma tête et dans mes yeux.

Et quoi que je fasse, je ne pourrais pas enlever ce sentiment par un changement de vêtements. Je sais que si je me changeais, je pourrais ensuite me changer mille fois. Et que je serai à chaque fois un peu plus frustrée de ne pas réussir à changer mes jambes plutôt que de changer ma robe. Alors je me dit que c’est la partie raisonnable de moi qui gagne. Je garde la même tenue. Et j’espère que mon humeur va changer.

Avance rapide à 15h et ça va mieux. J’ai eu une matinée productive et intéressante. J’ai fait un cours de barre au sol. Je suis allée faire quelques courses et je suis maintenant installée dans un petit café que j’avais repéré justement mardi. C’est un bar à thé et j’ai commandé un matcha latte.

Pas de morale à cette histoire. Malheureusement je n’ai pas de baguette magique autre que de me dire et me répéter que c’est passager. Et c’est tout. Et essayer de me souvenir qu’en général ça va et que ça ira à nouveau à un moment. C’est un processus qui n’est jamais figé.

Maintenant aussi j’ai découvert que j’avais tendance à somatiser mes tensions et à me sentir gonflée lorsque quelque chose me gonfle. Alors est-ce que me dire que j’ai fondu m’a gonflé ? Ce serait paradoxal mais envisageable. Savoir ça me permet de dédramatiser. J’ai aussi accepté que je ne pourrais certainement changer ces visions parfois déformées. Par contre je peux apprendre à dédramatiser et lâcher-prise. C’est ce que je vais continuer à faire. Me donner un peu de la bienveillance avec laquelle j’essaie de traiter chacun. <3

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Le rouge aux joues

Il y a des phases où j’ai l’impression que les enfants font tout leur possible pour me contrarier. J’ai de la chance car c’est plutôt pas les deux ensemble. Il y a eu une grande phase Jasmin en juin et depuis la rentrée c’est plutôt César.

Mon premier instinct c’est assez naturel je pense à été de m’énerver. L’envie de montrer qui est le chef ou un truc comme ça. Mais l’énervement est vraiment un cercle vicieux. D’une part quand on s’énerve dès le matin on est contraint d’augmenter l’intensité au cours de la journée et en général ça ne finit pas bien. D’autre part, ça donne quand même un exemple des relations humaines plutôt moyen aux petits. Ils risquent de voir les cris comme un mode de communication normal.

Alors un jour j’ai décidé de ne plus m’énerver. Ça ne veut pas dire que je ne suis pas ferme dans les propos et que je leur passe tout comme disent les vieux. Ça signifie simplement que je respire un grand coup et que je me prépare à répéter.

J’ai quelques trucs sur lesquels je m’appuie. Attention, énumération. Je m’assure d’abord que le petit m’entend et m’écoute. Si j’en ai le courage, j’essaie de tourner le truc en jeu. Je me montre le plus ferme possible sans aller jusqu’à recourir à la menace. Je le laisse exprimer ses émotions : tout le monde a le droit d’être triste ou en colère. Et enfin et surtout le plus important je ne le prends jamais personnellement.

Mes enfants ne font pas ça pour m’embêter, mais ils sont en train de construire leur personnalité et ça se fait en opposition.

Et puis quand je ne trouve pas la bienveillance nécessaire, je les mets dans une chambre. Je ne ferme pas la porte et leur précise qu’il ne s’agit pas d’une punition. Ils peuvent sortir dès qu’ils se sentent prêts à reprendre le cours normal de la vie de famille et en attendant ils peuvent laisser libre cours à leur frustration.

En gros je ne m’énerve presque plus. Ça m’arrive bien sûr, surtout quand je suis fatiguée. Mais de manière générale je trouve que s’énerver ne fait pas avancer les choses. Les problèmes se résoudront pareil, l’énervement en moins.