Sont-ils vraiment ingrats ?

Un sentiment que j’ai ressenti de façon assez inattendue cet été où j’ai passé beaucoup de temps avec mes enfants a été l’ingratitude.

Définition : manque de reconnaissance

J’avais la sensation que leurs envies ne s’arrêtaient jamais. J’avais le sentiment de faire tout pour eux : manège, pizza, dessins animés, création d’un village Playmobiles géant (une grande fierté là), découpage, danse, burger king, gâteaux, menus sur mesure, etc. Je faisais tout ça pour leur faire plaisir évidemment. Et ça me faisait plaisir à moi aussi. De les voir heureux et de vivre à un rythme différent du reste de l’année .

Et pourtant, quand ils se disputaient ou quand l’un d’eux pleurait pour avoir plus ou qu’ils s’adressaient à moi sans politesse, je me suis surprise à vraiment le prendre mal. Je me disais et je leur ai dit à une ou deux reprises ” avec tout ce que je fais pour vous voilà comment je suis remerciée”. Mais ce n’était pas un état d’esprit durable, ça aurait créé des tensions et de la rancoeur .

Alors voilà ce que j’ai fait.

  1. J’ai commencé par respirer. Je me suis souvenue que la vie et l’amour ne sont pas une transaction. On ne fait pas quelque chose en attendant un quelconque retour. Mais la politesse n’est pas négociable. Il était nécessaire de délier les deux. De ne pas dire “tu dois être poli et aimable par ce que j’ai fait ça”. Mais simplement “tu dois être poli et aimable”. Il y a d’une part tout ce que je leur donne et que je ne reprendrais jamais. Et d’autre part la politesse que j’attends quand ils s’adressent à moi.
  2. J’ai exprimé ce que je ressentais le plus simplement possible : “ça me rend triste que tu pleure maintenant parce que je fais mon maximum et j’ai l’impression que ça ne suffit jamais”. Je suis leur maman et je voudrais qu’ils me voient comme un être vivant avec des émotions. Je sais que c’est compliqué pour eux. Arielle ne veut même pas croire que je peux pleurer.
  3. J’ai essayé de me mettre à leur place. Leur temporalité n’est pas la même que la mienne. Ils ne voient pas le travail et la charge mentale que ça représente d’être avec eux toute la journée, plusieurs journées de suite. Moi je vois toute la journée dans son ensemble et les journées qui se suivent, mais pour eux chaque événement est indépendant. Quel est pour eux le rapport entre un dessin animé et le tour de manège ou la pizza ? Chaque élément est une envie différente et ils veulent voir leur désir assouvi, c’est naturel. Il faut apprendre pour eux cette frustration.
  4. Je continue de leur expliquer que je n’ai pas l’énergie de tout faire, ni la volonté. Et je n’hésite pas à leur rappeler que je ne suis obligée de rien. Pas obligée de lire une histoire ou de jouer si je n’en ai pas envie ou pas l’énergie. Je ne sais pas s’ils l’entendent, mais moi oui. Ca me permet de remettre le plaisir au centre. C’est un rappel pour eux et pour moi. Si je range tout, toute seule, je n’aurais peut-être plus envie de faire autre chose après. Mais s’ils m’aident tout ira plus vite et il nous restera beaucoup de temps pour faire des trucs super. Surtout, j’essaie de ne pas le présenter comme un chantage mais comme une conséquence logique.

Ce que j’ai pris pour de l’ingratitude, c’est juste une émotion d’enfant, les multiples émotions de trois enfants. Le plus important est de ne pas le prendre personnellement. Ils n’ont pas la volonté de me blesser, ils sont en train d’apprendre la frustration et moi avec eux. J’essaie absolument de passer à autre chose. De prendre chaque situation comme si c’était la première de la journée, faire preuve de patience en fait.

Et tous les soirs au moment du bisou au lit, on prend le temps de la gratitude quand chacun dit son moment préféré de la journée. On cultive le positif et ça nous permet de bien finir la journée et d’oublier les tensions.

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