Les amitiés

Dans ma tête, la distinction entre famille et amis est très claire. Du moins elle l’était pendant longtemps. Les liens sont différents. La famille on ne la choisit pas, elle est là depuis toujours et ces liens sont inaltérables, qu’on s’entende ou pas. La famille est là.

Les amis on les choisit. Même si l’amitié est un lien compliqué et souvent inexplicable. N’empêche qu’il y a toujours un moment où on s’est choisi, on n’était pas obligé.

Et récemment j’y ai repensé. Et la distinction me paraissait un peu moins nette. La distinction est toujours claire pour moi que les membres de la famille même éloignée ne sont pas des amis, même si on peut avoir des préférences, évidemment. Mais ces préférences restent intellectuelles et il existe quand même une égalité propre à la afamille.

En revanche, certaines relations amicales peuvent évoluer vers quelque chose de plus profond. Il y a d’un côté les amitiés de toujours. Celles-ci sont très intéressantes parce que si on ne s’était pas connu enfant, si on se rencontrait aujourd’hui on ne deviendrait sûrement pas amis. Ces amitiés sont parfois horripilantes et le plus souvent enrichissantes. On se connaît depuis si longtemps qu’on ne peut pas se mentir. On ne peut pas prétendre être quelqu’un qu’on est pas. Et en ça ce rapport est proche des relations fraternelles ou familiales en général.

Et en même temps, comme nos chemins se sont un peu écartés, nos voies ont divergé ce qui permet un regard un peu extérieur. Et une distance salutaire. La proximité permet une confrontation bienveillante et une remise en question.

Ces amitiés, comme la famille peuvent parfois nous enfermer cependant dans un rôle. On a été comme ça ou autrement, et il peut être difficile de s’affranchir de cette image passée. Je crois que c’est pour cette raison que certaines vieilles amitiés disparaissent parfois. Ça et l’éloignement. Un mélange d’éloignement et d’enfermement finalement.

Il y a aussi les amitiés récentes. Fulgurantes comme un coup de foudre. Elles recèlent le bonheur de se sentir compris. Elles permettent de se raconter selon sa propre narration et sans le poids du passé. Et elles permettent un nouveau regard sur soi. Ce sont souvent des amitiés transformatrices. Je ne sais pas si elles arrivent au moment où on est prêt ou si c’est l’amitié qui nous donne le courage de s’affirmer. Sûrement entre les deux.

Et comme en amour, en matière de sentiment en général on pourrait dire, la durée ne fait pas la force d’une relation. Les anciennes amitiés nous ancrent. Les nouvelles nous élèvent. Chacune fait un peu l’un et un peu l’autre. Et les deux ensembles nous rendent entier et nous permettent d’exprimer tout notre potentiel.

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