Déjà huit mois


Les huit mois d’Arielle, ce sont un peu nos huit mois à nous tous aussi en tant que famille complète et c’est sympa de prendre le temps de s’observer un peu chaque mois.

Arielle a gagné en mobilité de façon incroyable et quotidienne. Elle explore toute la maison, pièce par pièce. Elle se redresse et peut explorer également l’intérieur des boîtes et des paniers et gagner en perspective. Elle adore se cacher derrière les portes et sous les tables. Et comme elle peut tout attraper, son terrain de jeu s’est étendu à l’infini. Maintenant qu’elle a gagné en autonomie, il faut commencer à lui apprendre les interdits : les prises, les chargeurs, etc. Je crois qu’on peut déjà dire qu’elle est à la fois curieuse et observatrice. Elle remarque le moindre changement et veut tout toucher.

On a commencé d’ailleurs à faire très attention aux petits playmobils que les grands peuvent laisser traîner. Ça me stresse un peu comme l’appartement est très ouvert et que les grands sont encore un peu petits pour ranger spontanément. C’est donc le nouvel apprentissage du moment : quand on a fini, on range. Quand elle change, nous devons tous changer et adapter nos habitudes à ses nouveaux super pouvoirs : la rapidité, les gogogadgetaubras qui peuvent attraper tout, même si c’est à l’autre bout de la table, etc.

C’est drôle d’ailleurs, c’est comme si les grands avaient découvert que leur sœur était humaine. Qu’elle ne resterait pas un bébé toute sa vie. Qu’elle pouvait avoir des envies personnelles et ressentir tout un tas d’émotions. Elle est évidemment très intéressée par leurs jouets. Et comme je n’ai pas envie de passer mon temps libre à faire la police du jeu, j’ai mis en place une règle très simple. Si un jouet se trouve par terre, tout le monde peut jouer avec. Si les grands ne veulent pas qu’Arielle joue avec leurs trucs, ils peuvent les ranger ou les installer sur une table. Et si César ne veut pas que ses sœurs touchent à ses affaires, il peut les poser sur sa table de nuit. C’est son petit privilège de grand, il est le seul à avoir un petit meuble, autant en profiter. Ils râlent quand même, mais il suffit que je leur rappelle qu’ils connaissaient la règle pour qu’ils s’arrêtent et agissent en conséquence.

Ses jeux préférés sont les petits poneys. Je ne me l’explique pas vraiment, mais elle les kiffe. Sûrement la combinaison de couleurs vives, avec la douceur des cheveux et leurs grands yeux. Je ne me souvenais pas que ça venait si tôt, mais Arielle est très attirée par tous les jouets qui ont un visage. Et il est clair qu’elle sait qu’il s’agit d’un visage. Elle aime aussi les livres, y compris pour les manger. Tout ce qui peut faire du bruit quand on tape dessus est également un must. Et elle adore toujours autant danser et regarder les autres danser. Ça la calme instantanément.

Côté cuisine, elle mange toujours de tout et commence à manger seule les petits morceaux : cerises, tomates, pâtes, jambon… Elle dévore, même si elle n’a encore aucune dent. C’est bête, mais des fois je me sens un peu coupable qu’elle n’ait pas encore de dents. Comme si j’y pouvais quelque chose. Jasmin a eu sa premièrement à un an passé, et encore maintenant toutes ses grosses dents ne sont pas encore sorties. César lui avait eu toutes ses dents assez tôt, mais comme elles arrivaient par quatre, ça aidait. Alors je sais que chacun évolue à un rythme personnel.

En fait, ça m’a permis de prendre conscience des endroits débiles où pouvait se loger la culpabilité maternelle. Il a suffi que je me secoue un peu pour ne pas la laisser s’installer, particulièrement pour les dents, je ne vois vraiment pas ce que je peux faire. Surtout je me suis dit que c’était une étape du développement au même titre que d’autres. Et que si je ne pouvais pas contrôler celle-ci, je ne pouvais pas contrôler les autres. Elle parlera quand elle sera prête, marchera quand elle sera prête et ainsi de suite. Et pas quand moi je le serai. C’est sa vie, son corps, son rythme. Moi je ne suis là que pour l’accompagner finalement.

 Arielle n’est pas super fan du biberon. Mais comme il fait chaud en ce moment, il est possible également qu’elle n’ait pas beaucoup d’appétit. Alors on fractionne sans se prendre trop la tête. De toute façon il est clair qu’elle ne meure pas de faim. Elle est replète comme il faut. Et puis elle a le droit d’avoir ses goûts. Si on compare l’odeur de son lait en poudre à celle d’un petit-suisse, d’une courgette ou même de petites pâtes, pour moi il n’y a pas photo, je ne choisirais jamais le lait. Mais comme ça fait partie du nécessaire, on continue de lui en proposer et elle en boit quand même pas mal. C’est juste pas ce qu’elle préfère. Elle a un gros faible pour les galettes de riz, ou de maïs, de céréales en général quoi. Le côté croquant est agréable sur ses gencives, j’imagine.

En ce moment son sommeil est assez léger. Mais je me demande également si ce n’est pas lié aux températures. Elle se réveille par fois assoiffée la nuit. Alors je lui donne un biberon d’eau et elle se débrouille avec dans son lit. Elle nous avait habitués à dormir d’une traite, alors je sais que si elle se réveille c’est qu’elle a besoin de quelque chose. J’essaie quand même de ne pas accourir pour lui laisser l’opportunité de se calmer seule. En tout cas elle reste allongée et ne sors pas de son lit.

Comme il fait assez chaud, elle passe son temps en body ou en chemise et culotte. Je ne la laisse presque jamais uniquement en couche. Sauf après son bain pour le repas du soir, comme ça elle peut manger aussi salement qu’elle le veut. Et la nuit on la laisse en couche directement dans la turbulette. Les premiers jours de grand chaud on la laissait dormir en body sans rien d’autre, mais on a trouvé qu’elle se réveillait plus souvent. Je pense que la turbulette la rassure et puis elle est quand même bien aérée, elle n’a pas trop chaud. Surtout qu’on laisse le ventilateur allumé une grande partie de la nuit. Je me demande s’il faudrait essayer d’installer la clim dans leur chambre. Ça pourrait leur faire du bien. César s’en moque, il tombe comme une souche à 19 h 15 et dort d’une traite quoi qu’il se passe, pendant près de 12 h. Jasmin en souffre plus, d’autant qu’elle a plus de mal à lâcher prise en général. On alterne entre biberons et fermeté pour l’aider à trouver le sommeil de façon apaisée pour toute la famille.

Ces trois petits humains s’entendent bien et j’adore voir leur complicité se développer. Arielle et Jasmin partagent des moments privilégiés le matin et le soir dans la poussette. Elles sont contentes de se retrouver, Arielle rigole à tout ce que fait sa sœur. César a un regard plus protecteur sur sa petite sœur et elle l’admire comme un super héros. Elle admire aussi sa sœur, mais différemment. Et puis la petite sœur crée par effet une complicité renforcée chez les deux grands. Ils étaient déjà très proches avant, mais l’arrivée d’Arielle plus le fait qu’ils grandissent tous les deux fait qu’ils peuvent vraiment jouer ensemble, partager des aventures et des idées, parfois mauvaises, mais toujours drôles avec un peu de recul. Ce sont les aventures de Plic et Ploc au quotidien. J’ai parfois hâte de voir la place que saura se trouver Arielle dans cette dynamique, mais je profite du calme relatif qui existe tant qu’elle ne marche pas encore.

 

 

 

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